Arrivée de nouveaux carburants marins : mélange de biodiesels et fioul lourd
Publié le 04.05.2026
La norme ISO 8217 est la norme internationale relative aux spécifications techniques des carburants marins. Elle décrit les exigences générales, les méthodes d’essai et les spécifications applicables aux carburants utilisés dans les moteurs et les chaudières des navires, avant toute opération à bord (stockage, décantation, centrifugation, filtration, chauffage) préalable à leur utilisation. Cette norme détaille les grades et les classifications des carburants, leurs propriétés physiques et chimiques, ainsi que les méthodes d’essais. Elle définit les niveaux acceptables des propriétés physico-chimiques telles que la densité, la viscosité, la teneur en soufre, le point d’éclair, le point d’écoulement et le résidu de carbone.
L’édition 2024 de la norme intègre dorénavant les biocarburants en autorisant les mélanges entre carburants conventionnels d’origine fossile et les biodiesels (Ester Méthylique d’Acides Gras - EMAG) jusqu’à une part « bio » de 100 % (B100). Cette évolution est une conséquence directe des politiques de transition de l’industrie maritime vers les sources d’énergie moins émettrices de carbone et plus renouvelables. Les spécifications de la norme ISO 8217 : 2024 garantissent que ces mélanges de biodiesel avec du carburant marin conventionnel répondent à des normes de performance strictes en matière d’efficacité et de fiabilité des moteurs. Les différents grades de carburants marins sont classés conformément à la norme ISO 8216-1 : 2024 qui comprend deux catégories de combustible marin : les combustibles marins résiduels et les distillats/biodistillats marins.
La première catégorie des combustibles marins résiduels intègre classiquement les fiouls lourds quelle que soient leur teneur en soufre et depuis 2024, elle intègre les mélanges de fioul lourd avec des biodiesels. La norme laisse le choix aux fournisseurs de carburants et aux propriétaires de navires quant à la part de biodiesel utilisé pour confectionner ce mélange. Dans les faits, on s’aperçoit que les premiers essais d’avitaillement ont majoritairement concernés des B24 EMAG/ VLSFO (mélange de 24 % d’EMAG avec un VLSFO). Dans les prochaines années, il est vraisemblable de rencontrer des mélanges avec des parts grandissantes de biodiesel.
Concernant la seconde catégorie de carburants marins distillats et biodistillats, elle intègre, en plus des diesels marins (tels que le MDO (Marine Diesel Oil)et le MGO (Marine gasoil)), des mélanges de ces carburants conventionnels avec une part d’EMAG pouvant également aller jusqu’à 100 %. Le B30 EMAG/MGO est le mélange actuellement le plus testé par les compagnies maritimes. À l’égale des carburants marins résiduels, la part de biodiesel dans les distillats marins sera amenée à augmenter progressivement au gré des évolutions en matière de politiques de transitions énergétiques.
Face à l’arrivée de ces carburants marins alternatifs, le CEDRE mène actuellement des études visant à mieux appréhender leurs comportements en cas de déversement accidentel et de définir les stratégies de lutte les plus adaptées.