Torrey Canyon

18/03/1967
Royaume-Uni

Le 18 mars 1967, le pétrolier libérien Torrey Canyon, armé par une filiale américaine de l'Union Oil Company of California, chargé de 121 000 tonnes de pétrole brut, s'échoue entre les îles Sorlingues et la côte britannique. Malgré une mobilisation de tous les moyens de lutte disponibles, plusieurs nappes d’hydrocarbure dérivent en Manche et touchent les côtes britanniques et françaises.

Lutte

Le PC de lutte est installé à Plymouth. Environ 10 000 tonnes de dispersants sont utilisées sur la nappe de pétrole. Il se révélera plus tard que certains des dispersants utilisés pour la lutte étaient plus toxiques que le pétrole.

Sur la côte nord de la Bretagne, des opérations de ramassage manuel sont mises en place. De la paille est utilisée pour absorber le pétrole.

Environ 4 000 tonnes de déchets sont ramassées sur les plages de Guernesey et 4 200 tonnes sur les côtes françaises.

Après avoir envisagé de remorquer le navire ou de pomper le pétrole sur place, les autorités décident de bombarder l’épave et de brûler le pétrole restant à bord du 28 au 30 mars 1967.

Volontaire nettoyant un rocher © BBC
Volontaire nettoyant un rocher © BBC

Impact

L’accident se produit en pleine période de migration des oiseaux marins, des milliers d’individus se retrouvent ainsi touchés par la pollution. Les soins aux oiseaux permettent d’en sauver seulement 1%. On estime ainsi que 25 000 oiseaux sont morts suite à l’ingestion de pétrole, à des pneumonies, aux produits nettoyants nocifs employés…

L’accident du Torrey Canyon est le premier à attirer l’attention internationale sur les dangers liés à l’utilisation des dispersants. Il fait découvrir à l'Europe un risque qui avait été négligé jusqu’alors. Dans le cas de cette pollution, une grande quantité de dispersants est utilisée, sans prendre en compte l’impact écologique. Il s’avère, à l'époque, que le mélange pétrole/dispersant est plus toxique pour le milieu que le pétrole seul.

Les côtes polluées par le pétrole mettent environ 5 à 8 ans à se nettoyer naturellement, tandis que les zones polluées par le mélange pétrole/dispersants de 9 à 10 ans. Une étude datant de 1978 (11 ans après l’accident) montre qu’une espèce de bernard-l’hermite n’est toujours pas réapparue dans la zone touchée par cet accident.

Ce qui a changé

Cet accident donne naissance aux premiers éléments des politiques française, britannique et européenne de prévention et de lutte contre les marées noires. Le gouvernement britannique prend l’initiative d’organiser une rencontre de l’Organisation maritime consultative intergouvernementale (OMCI, futur OMI). Cette rencontre a pour but de souligner les changements et la complexité des lois maritimes internationales.

Le Torrey Canyon en train de couler
Le Torrey Canyon en train de couler

Source:

Incident News

Pour en savoir plus

Météo France. Dérive des nappes d'hydrocarbure (animation)

Quéneudec J.-P. L'incidence de l'affaire du Torrey Canyon sur le droit de la mer. Annuaire français de droit international. 1968, vol. 14, n°1, pp. 701-718

Simpson A.-C. The Torrey Canyon disaster and fisheries. Ministry of Agriculture, Fisheries and Food: 1968

Burrows P., Rowley C. and Owen D. Torrey Canyon: a case study in accidental pollution. Scottish Journal of Political Economy. 1974, vol. 21, n°3, pp. 237-258

NOAA. Fiche sur l'accident (en anglais)

Rétrospective de l'accident, 50 ans après (en anglais)

Rétrospective de l'accident en photos (en anglais)

Zone du naufrageIles Scilly, Angleterre
Zone du déversementZone littorale
Cause de l'accidentEchouement
Quantité transportée121 000 tonnes
Nature polluantPétrole brut
Quantité déversée121 000 tonnes
Type de navire/structurePétrolier
Date de construction1959
Longueur297,03 m
Largeur38,25 m
PavillonLibérien

La lettre d'information

Recevez tous les mois nos actualités, projets et actions de terrain directement dans votre boîte mail.

Votre adresse e-mail reste confidentielle. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.